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mercredi 30 mars 2011

Ni pas assez forte, ni trop courte

« Je travaille sur la maltraitance infantile avec la reine des Belges, mais là c'est différent quand un enfant est odieux, une bonne fessée, ni trop forte ni trop longue, ne lui fait pas de mal ».

Ainsi parla Madame Bernadette Chirac, en réponse à un projet de loi sur la suppression de la fessée.

J'ai l'air de présenter ma maman comme un dragon à la main leste. Il m'en était pourtant rien. Certes elle était adpete de la punition, c'est à dire de la fessée dans son esprit. C'était douloureux, épuisant, mais c'était bref comparé à d'autres punitions possibles, sur un fond de tant de tendresse. Et c'était cohérent : jamais de faiblesse, quand à ces principes, jamais de bonnes surprises, et dans le doute, pas de fessée non plus d'ailleurs !

Simplement elle avait un projet éducatif, accessoire quand à l'amour qu'elle portait et porte toujours à ces enfants et SA méthode pour y parvenir. Pour elle la fessée ne faisait pas de mal, mais ne devait ni être pas assez forte, ni être trop courte.

lundi 28 mars 2011

La verge aussi

Comme indiqué précédemment les verges aussi, ne fessaient pas partie de l’interdit paternel, ce dont notre maman usait usait parfois, quitte à nous faire choisir l'instrument de nos tourments.

La ceinture

Si le ceinturon est un élément d'apparat masculin, il fut aussi pour moi, un élément de discipline maternelle.

Rare pour les fessées "courantes",mais d'usage pour les fessées "magistrales".

Même si les premières cinglures ne fessaient rien, ajoutées à la déculottée préalable, c'était comme des langues de feu, impitoyables.
Une petite revanche maternelle sur l’omerta paternelle du martinet.

Des premières fessées à l'absence de martinet à la maison

Ma maman n’avait pas l’autorité de mon père. Celui-ci travaillait 70 heures par semaine, et loin du foyer familial, six jours sur sept. Le père est un personnage mythique chez le jeune garçonnet : concurrent, copain, expression de la puissance même. Il lui suffisait de faire les gros yeux pour obtenir de moi ce qu’il voulait. Et cela dura ainsi jusqu’à mon adolescence, âge de révolte et de remise en cause particulièrement marqué.

Le châtiment corporel est arrivé vers moi. Un jour pourtant, j’ai défait le frein à main, de la Renault 8 rouge de mon oncle C. J’avais vu si souvent faire ce geste, sans comprendre la démarche inverse. La voiture est partie, la gifle aussi, plus vite partie. Ce fut un drame. A un point tel qu’aujourd’hui encore, à l’image de mes parents, j’assimile la gifle à une sorte de geste imbécile, une colère ou une peur qui n’a pas été maîtrisée, un acte qui brise celui qui donne comme celui qui reçoit. Une autre partira bien des années plus tard : elle mettra fin à ce schéma punitif. Je n’étais pas un enfant à gifle.

C’est alors que ma mère, surtout, a progressivement mis en place sa conception de l’éducation des enfants. Mes parents m’ont "dressé " (expression de ma mère) avec la fessée et la suspension de privilèges accordés. La seconde solution était d’ailleurs la plus pénible, et franchement rare des punitions tant ma maman privilégia la première, la perception du temps, n’est pas la même dans la journée encadrée et assistée d’un garçonnet. La fessée fut d'abord administrée sur les culottes le plus souvent, parfois sans. Puis systématiquement, comme pour mes soeurs, la déculottée fut le rituel et l'inévitable punition.

La menace d’un martinet plana, mais cet instrument alors encore fort usité en campagne, ne s’abattit jamais. En fait, il n’y en avait pas à la maison. Je l’avais vu traîné au pressing, chez la mère de Karine M, qui en vanta longuement l’efficacité pédagogique à ma maman. Sueurs froides. Il était là, de longues lanières luisantes, un court manche jaune, un monstre terrifiant, comme ces fessées du comte de Pierre Gripari (" Le marchand de fessées"). Il était aussi dans quelques maisons ou les parents assuraient qu’il n’était que menace. Je le vis un soir sur FR3, un reportage chez Madame Marrache. Madame Marrache est la dame qui en France fabriquait les martinets. Ce sont les martinets que vous avaient pu apercevoir dans les grandes surfaces. Un assez long reportage sur le déclin de la fessée éducative. On y voit Madame Marrache en train de fabriquer des martinets, de façon complètement artisanale, une interview. Le reportage se poursuit dans quelques logis ou l’instrument est là entre cuillère et casseroles. J’ai revu une partie de ce reportage début 2000, en couleur cette fois-ci.

Maman l'aurait souhaité. Papa fut contre. On donne la fessée aux enfants, on ne les fouettent pas fut son argumentaire définitif. Maman appliqua. Mais obtint l'emploi de verges ou de la ceinture. La fessée bio avant l'heure. Maman fut fair-play et réserva les verges dans nos grands ages, mes soeurs et moi. La discipline était l’affaire de ma maman. Les fessées courtes et rondement administrées était son affaire, en bas age et les bonnes fessées déculottées ensuite, une affaire tout aussi courante d’ailleurs. Papa se réservait, enfin s'agissant du "mâle" de la famille, mon "privilège" en quelque sorte, les choses impératives avec le terrible "attend que papa soit là" annonciateur d'une déculottée exemplaire, démonstrative, publique, et très sévère.

La plupart du temps, la fessée était donnée dans la cuisine familiale. Lieu propice à ce genre d’action comme au vu du reportage précédent.

Le rituel était assez immuable :
"tu mérites la fessée, (pas de menace préalable)/action".
"maintenant c’est la fessée (si menace préalable)/action".

Vite justifiée : tu as été méchant (infraction), et sanction. Puis un échauffement plus ou moins vif de mes parties charnues. Sous le bras de maman ou sur ses genoux, puis plus tard coincé entre ces genoux, les claques agiles et fermes, cadencées, rapides sur le popotin. Une, deux,... le prurit intolérable de la douleur. La libération par les cris et les larmes. Les sensations contradictoires, le bassin sur les genoux de la première maîtresse de la vie d’un homme, ces collants en vue, le galbe des mollets, les jambes encore une fois et mes fesses, aïe ! aïe ! aïe ! Le centre du monde sur deux globes équitablement applaudis. Ce qui avait d’abord été pouponné était soudain devenu chaud et coloré. Celle qui inflige cette douleur est la mère nourricière, la protectrice elle ne peut avoir tort.

Après l’orage, le petit coin, après remise en ordre des vêtements pour une durée assez proportionnelle à la durée de la fessée elle-même. Après maman s’occupait du gros bisou. Blotti sur sa poitrine et larmes séchantes, les hoquets et sanglots disparus, ou en passe de l'être, je serrais l’être aimé du plus fort que je pouvais. Pour me faire si mal, j’avais vraiment dû être si méchant. De toute façon tout était si loin déjà, avait déjà été concentré sur mes fesses...

Nombre des premières fessées, eurent pour origine la vaisselle cassée. Et là c’est le sentiment d’injustice qui prévalait tandis qu’il m’en cuisait. Je ne l’avais pas fait exprès, mais je pris l’habitude me présenter volontairement à la fessée, pour regagner l’amour de la protectrice. C’est à vrai dire le premier fait marquant que ce sentiment, celui qui durablement modifiera ma conscience.

C’était le temps des soirées sans télévision, ma mère cousait ou lisait, avec des voitures miniatures et je faisais joujou dans ses jupes, dessous. C’est une image d’Épinal. Ses jupes, furent de riches niches pour de multiples sensations : les jambes des femmes, avec en tête en parallèle ma tante B. en minijupe, de tante C. qui toute deux me fesseront plus tard plus tard, le galbe des mollets, les bas et les collants, l’esthétisme féminin quand il faut mettre en valeur le corps, tout en laissant un mystère qui peut rendre fou, le sentiment de protection aussi. L’enfant ne nie pas ces colères, ni ces désirs. Ils les expriment, parfois de façon très agaçante pour l’adulte.

En tout cas, avant le temps des déculottées, le martinet avait déjà était banni. Après vint le temps de la terrifiante déculottée... Et de fessées tout autant anticipées qu’effrayantes.

dimanche 20 mars 2011

Des paroles aux actes 5

Ce jour là, mon existence simple d'écolier avait basculé pour quelques minutes d'inattention. Madame M. m'avait déjà fortement tancé, longuement menacé de me claquer les fesses à nu, comme hésitante. Mais lorque maman vint me chercher elle ne put tenir sa langue.

Le dialogue entre les deux femmes, toutes deux maman, fut déjà pénible pour moi. Je me revis, quelques heures plus tôt, devant Madame M., presque les larmes aux yeux, les joues rouges de honte, serrant mes petites fesses en anticipant une très possible fessée. Allait-elle me fesser devant la classe ou derrière son bureau ?

Ces questions sur la discipline maternelle furent également pénibles à vivre provoquant curiosité, interrogations et petits rires dans la classe. Madame M. avait cette habitude de nous faire parler de ce que nous préférions évidement garder secret. Je me revis guetter ces mains, quand allaient-telles entamé un dé-culottage en règle ?

Je revis mon soulagement et une forme de gratitude quand elle me fixa intensément, pour juste conclure : "repars à ta place, va".

De tout cela, de mon inattention suivi d'un travail très bâclé, de la fessée à laquelle j'avais finalement échappé, d'extrême justesse, précisa-t-elle, et... pour la dernière fois, tout ceci Madame M. en fit la fidèle retranscription à maman qui écoutait tout en se crispant et en me considérant avec sévérité. Mal se comporter à l'école était une des transgressions interdites, et maman fut toujours intransigeante sur ce point, que ce soient avec moi ou mes sœurs.

Maman assura Madame M. qu'effectivement, la bonne vieille fessée était la meilleure méthode et qu'elle n'avait plus à tergiverser avec moi. Quand à moi, je fus clairement avertis, que je pouvais préparer mes fesses. Ce qui arracha un sourire amusé à Madame M. Il fallut encore récupérer mes sœurs, toute deux furent avertis de mon comportement, et des suites cuisantes qu'elle comptait lui donner.

lundi 14 mars 2011

Valse en quatre temps (1)


La punition, la fessée était généralement l'affaire de maman. Une affaire ou une valse en quatre temps.

La justice maternelle était un tout : une sentence, une attente, une execution et un pardon.

Avant de parler de fessées particulières, je décrierais le cadre général de "la" fessée. En écartant d'emblée, les petites fessées reçues en bas-age qui relevaient plus du "dressage" que d'autre chose, et qui étaient très brèves et légères sur tout les plans.

La fessée c'était d'abord une sentence : parfois énoncée clairement surtout en bas age, la plupart du temps, la sentence n'était qu'allusive et plus ou moins déterminante. Une sentence pouvant combiner plusieurs des phrases énoncées ci-dessous.

"Tu peux préparer tes fesses" était la plus courante. Presque étrange, comment préparer ces fesses ? Le conseil valait sentence, prémonition de ce qui les attendaient. Une sentence toujours exécutée.

"C'est encore une fessée que tu cherches ?" : allusion la moins menacante qui ne valait pas sentence systématique, mais plutôt comme un rappel et un dernier avertissement. Un rappel d'une fessée récente, proche dans le temps. Un dernier avertissement : cette fessée n'était pas pour tout de suite si je m'amendais immédiatement. Et garantie d'en prendre une dans le cas inverse.

"Files dans ta chambre, on va discuter" : la conclusion de cette discution en forme de cuisante fessée déculottée était courue d'avance. L'attente elle, était plus ou moins longue et angoissante. Une fessée circonscrite en un lieu intime, ni dans le salon ou la cuisine comme quand nous étions seuls dans la maison. Une fessée connue à l'extérieur de ce lieu intime, par mes soeurs, pas les sons, celui des claques sur des fesses mises à nu, et puis celui des cris et des sanglots.

"Papa s'occupera de tes fesses" : la presque plus rare, maman déléguant rarement sa justice. Un peu pour empêcher, sur le fonds, que la mère ne soit que fouettarde alors que le papa n'aurait été que complice. Elle ne s'appliquait pas à mes soeurs, cette sentence étant donc mon privilège. La plus terrifiante : papa prenait ce role de justicier très au sérieux.

"Viens ici" après s'être assise, l'index pointé devant ces genoux. Rare également car il n'y avait même pas l'ombre d'un espoir d'y échapper. Bien sur j'aurais pu résister, je tentais le coup d'ailleurs, mais j'avais aussi le souvenir de mes fessées, rapides elles, juvéniles, ou maman me claquait rapidement les fesses après m'avoir couru après.

"Qu'est-ce que je t'avais promis ?" La plus pénible, car a un moment donné, il me fallait bien dire la réponse : "la fessée". Presque comme si je la demandais.

"Conseil de famille !" : la sentence absolue, la plus rare de toute, la fessée allait être "publique", pour l'exemple, et à tout coup magistrale.

Ces sentences pouvaient être combinées : "Qu'est-ce que je t'avais promis ?" pouvait être suivi du "Files dans ta chambre, on va discuter", et/ou de "Tu peux préparer tes fesses", par exemple. Ce dernier conseil scellait mon sort.

Toute ces menaces étaient le prélude de dialogues, ou ma défense était le plus souvent difficile, et me préparait à la presque inévitable fessée.

Et dans tout les cas me ramenait aux images de la fessée précédente, ou des sons d'une fessée de mes sœurs. Et dans chaque cas, une vaine volonté de remonter dans le temps.

Dans le premier temps de cette valse, le dialogue suivant la sentence, est la transition entre la sentence et la fessée. Je ne le développerais pas, car chaque sentence, chaque dialogue, furent uniques, des cas d'espèces diraient des juristes.

Je n'en parlerais que quand j'évoquerais des fessées particulières.
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